Une Vie, des Combats.

Publié le par pierquet

               
La guerre n’était pas encore terminée, et le débarquement, en Normandie avait eu lieu il y avait un peu plus de deux mois. C’est l’instant qu’avait choisit la petite Arlette pour venir à la vie, au milieu des corons de Bruay-la-Buissière, dans le Pas de Calais, exactement le 18 août 1944.
C’est là qu’elle a grandit, avec comme voisins un grand nombre de polonais, et bien sur des français dont beaucoup, comme son père, venaient d’autres régions, déjà pour fuir la misère. Son mineur de papa lisait LIBERTE le journal des communistes de la région, et militait à la CGT. Sa mère, flamande d’origine, était une catholique pratiquant plus la charité que les visites dans l’église.
C’est de là que tout est parti pour la petite Arlette qui, son brevet d’étude ménagère en poche, est entrée au service comme bonne d’une famille de riches bourgeois, patrons du textile. Bien vite son refus de l’injustice l’amène à militer à la JOC, où se retrouve beaucoup de « bonniche » comme elle.
Et comme décidément elle ne pouvait pas supporter l’arrogance de ces patrons là, quelques années plus tard elle est entrée dans une usine. Rapidement chez Bayard, où elle fabriquait des réveils, elle devient responsable syndical au sein de la CFDT. Par la suite elle sera permanente de l’union départementale de Haute Normandie, puis membre de la direction confédéral de la CFDT où elle représentait la métallurgie. Elle aura aussi une "expérience" plus mystique au sein des travailleuses missionnaiees durant quelques années. Mais cela lui avait laissé un gout amer. La secte c'était pas son truc.
Politiquement après une courte expérience au sein du PSU, elle ne militera à nouveau qu’à l’occasion de son arrivée à Romainville en 1990, année de notre mariage, et ce sera au sein du Parti Communiste Français, où elle siégera même au comité de section.
En 2001 elle soutient la candidature de Corinne Valls et sera élue à sa suite en tant que conseillère municipale. Un mandat qu’elle n’a pu assumer réellement puisque la maladie l’a frappée dès 2002.
Depuis la nuit de samedi à dimanche, son calvaire est terminée.
Moi je perds celle qui durant 17 ans à partagé ma vie, mes galères, mes espoirs, mes désillusions, sans parler des trahisons et des mauvais coups.
Du coup elle n‘était pas la dernière pour « inspirer »  LE CACTUS ROUGE. C’est ainsi que sans le savoir vous avez souvent pu lire ses cris de révolte face aux bizarreries de notre vie politique locale, qu’elle suivait toujours de près depuis sa chambre de malade.
Arlette était aussi adminitrateur de la sécurité sociale.
Voilà elle m’a quittée, elle nous a quittée tous, en ce premier jour de décembre. Mais bon sang elle avait de quoi être fier de sa vie de combat pour un monde meilleur.
Arlette Pierquet, née Labrune, sera incinérée Vendredi 7 décembre à 13H30 au Pére Lachaise à Paris  
Publicité

Publié dans lecactusrouge

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Simplement toutes mes bien sincères condoléances, Mr Pierquet, pour vous et les vôtres, avec toute ma sympathie. <br /> Martine Chamsa.
Répondre