e- interview de campagne
Nous avons déploré le peu de dynamisme de la campagne des elections municipales que nous vivons. Aussi lorsque l'une des t^tes de liste, Stephane Weisselberg nous adresse un e-interview, nous ne pouvons que répondre favorablement a sa proposition et nous publions cette participation au débat démocratqiue.
Soulignons que nous accueillerons avec plaisir les contributions des autres candidats
A eux de jouer.
1) mon film préféré : j’en ai beaucoup mais je reconnais que « le mépris » de Jean-Luc Godard tient une place à part. Brigitte Bardot y est somptueuse, les premiers dialogues y sont délicieux et restés mythiques, je me souviens par cœur du travelling avant dans le générique de début de film avec la voix off du réalisateur qui annonce « le cinéma disait André Bazin, est un monde qui s’accorde à nos désirs ; le mépris est l’histoire de ce monde ». Une femme cesse d’aimer parce qu’elle n’estime plus l’homme dont elle pense qu’il l’utilise comme un objet, au gré de ses intérêts. Daté, diront certains et en même temps terriblement moderne…
2) l’homme que vous admirez le plus : je n’admire personne en particulier dans le sens où ce mot induit à mes yeux une relation de dépendance et d’asservissement incompatible avec mon goût irrévérencieux de la liberté de pensée. Cependant je suis toujours très attiré par Victor Hugo qui a réussi sa vie d’homme politique, de père, de grand-père, et bien entendu d’écrivain avec les succès que l’on sait. Quel esthète de la littérature ! j’ai un faible pour son livre : « 93 » parce que la période de la révolution française a forgé ma conscience et ma construction politique.
3) Maire, député, ministre : maire parce que j’aime les gens. Maire parce que la commune, c’est là où s’organise la vie quotidienne dans ce qu’elle a de plus humain, de plus relationnel, de plus respectueux de la valeur de chacun. C’est là où les citoyens ont un accès direct au pouvoir politique, où peut s’exercer une participation démocratique, où peuvent s’imaginer des projets ambitieux et concrets.
4) Démocratie participative : une belle idée pour le renouveau de la politique et de ses pratiques aussi bien pour les élus que pour leurs mandants. Mais elle nécessite de véritables moyens humains, financiers, logistiques et organisationnels, de la persévérance, de la patiente, de la sincérité dans les rapports entre population et élus de quartier et surtout une analyse sans concession sur son rapport au pouvoir et au contre-pouvoir. Elle a besoin de temps. Pour convaincre. Pour attirer. Pour évoluer. A ne jamais considérer comme un gadget ou une courroie de transmission du pouvoir en place ! A réinventer toujours mais à ne jamais abandonner !!!
5) Gentrification : un mot abscons rencontré dans le dossier de l’ANRU cachin et qui cache mal la volonté larvée, voir affichée du maire sortant d’opposer les catégories de population entre elles.
6) Mes trois priorités pour le mandat : le logement social, la réussite éducative et scolaire, l’animation de la ville.
7) Mes cinq premières actions si je suis élu :
- je scolarise immédiatement les enfants de l’hôtel Le paladin, victimes de l’entêtement inacceptable, de la décision inique et illégale du maire C.Valls.
- j’organise un « grenelle local » de la réussite scolaire où tous les partenaires de la communauté éducative sont invités ( parents d’élèves, enseignants, directeurs d’école, principaux de collège et du lycée professionnel mais aussi associations de soutien scolaire, d’aide à la parentalité, partenaires institutionnels tels la CAF, le CMPP, le CCAS, les services de la ville concernés). Je propose 3 étapes :
o l’élaboration d’un diagnostic local partagé (quels besoins, quels moyens existants et quels manques)
o la mise en place d’un dispositif clair et transparent de soutien scolaire en partenariat avec les enseignants. La complémentarité et la coopération entre la commune et l’Education Nationale, dans le respect des prérogatives de chacun, étant des facteurs clés de l’efficacité et de la réussite de l’outil mis en place.
o Une évaluation du dispositif après 2 années d’expérience pour le faire évoluer.
- je lance immédiatement le projet de lycée d’enseignement général à Romainville. Je m’engage à trouver une surface foncière dès la première année de mandat.
- je lance une réflexion sans tabou sur le développement des violences à Romainville, particulièrement sur la violence des jeunes et sur les mécanismes ainsi que les outils de prévention à mettre en place pour les juguler. Par ailleurs je m’engagerai avec détermination pour que les moyens de la police nationale soient à la hauteur des besoins de notre territoire.
- je demande un audit par un organisme indépendant sur l’état des finances de la ville, sur son endettement pour les 30 prochaines années. Je demande des compléments d’information sur l’opération immobilière Nexity et sur la construction des vestiaires Baldit.
- J’en rajoute une sixième (voir ma réponse à la question sur l’homme admiré) : la relance du processus d’intercommunalité par une phase essentiellement démocratique sur la vulgarisation des enjeux et l’échange des points de vue mais avec à la clé un referendum local.
8) deux exemples de politique publique :
Le logement social :
Romainville est une ville populaire. Elle a une histoire ouvrière, il faut en conserver la mémoire et les traditions. Mais Romainville est aussi une ville d’accueil, de brassages, son évolution passera forcément par un renouvellement de sa population et il ne faut pas en être effrayé. Il faut par contre que la puissance publique garantisse un équilibre entre les cités de la ville, l’habitat pavillonnaire, les nouvelles constructions et les catégories de population qui y vivent. La mixité sociale ne peut se concevoir en laissant la libre spéculation foncière chasser les couches populaires toujours plus loin des centralités urbaines, avec d’un côté « des ghettos de riches » et de l’autre des marges dans des précarités indignes d’une civilisation humaine du XXIème siècle. La tendance de la majorité actuelle est d’accompagner un changement de la sociologie de la ville et de vouloir diminuer son parc de logement social en gestion directe. Les dernières déclarations de Mme Valls sur le refus d’appliquer la loi DALO (loi sur le logement opposable), au-delà de poser de vrais questions et de pointer l’absence de moyens, montrent à quel point le « quota de pauvres » acceptable pour elle est largement atteint.
D’autre part, le gouvernement actuel et la ministre du logement sont favorables au démantèlement des petits organismes publics de logement à loyer modéré comme les nôtres, proposant leur gestion à des bailleurs sociaux privés.
- Je m’engage, si je suis élu à soutenir et à développer l’OPH de Romainville, à le conserver sous sa forme d’office public et à étendre sa capacité d’accueil par la construction de nouveaux logements sociaux accessibles à tous. Une partie pourrait être « du logement social intermédiaire ». Romainville est une des dernières villes de Seine-Saint-Denis, proche de Paris, où des terrains sont disponibles et en voie de l’être. Je m’engagerai à imposer lorsque cela est possible un quota minimum de logements à loyers accessibles à tous pour toute opération immobilière de plus de 10 logements comme le préconise la fondation Abbé Pierre.
- Je m’engage à tout mettre en œuvre pour maîtriser l’augmentation des charges locatives par un programme écologique ambitieux de récupération d’eau de pluie, de chauffage solaire et d’énergie renouvelable.
- Je m’engage à geler l’augmentation des loyers si le contexte national (comme c’est le cas aujourd’hui) crée une situation de tension insupportable pour les ménages et si la situation financière de l’OPH le permet.
- Je m’engage à rendre transparents les critères d’attribution des logements et à tout faire pour que les citoyens romainvillois n’aient pas l’impression que certains dossiers sont favorisés et liés à un certain pouvoir. discrétionnaire du président de l’OPH. Je mettrai en place pour cela un observatoire indépendant.
- Le parcours des demandeurs de logement dans le public et dans le privé étant désormais un parcours de combattant (en particulier pour les jeunes célibataires ou les jeunes couples), je m’engage à créer une structure municipale qui se porte garante.
- Si nous avons toujours soutenu le principe de l’ANRU cachin, nous en critiquons l’ampleur et la faisabilité. L’ampleur parce que construire 423 logements dans un périmètre restreint avant d’en détruire autant n’est pas crédible. Affirmer que chaque locataire ainsi déplacé sera relogé dans du neuf à loyer égal relève de l’imposture. A moins que le tour de passe-passe consiste à proposer pour le même loyer un appartement beaucoup plus petit !!!
Quand on sait d’une part que l’Etat qui a signé la convention avec notre commune, a bien du mal à respecter ses autres engagements sur le reste du territoire parce que les caisses sont vides, quand on observe la conjoncture économique et quand on s’aperçoit d’autre part que les matières premières utilisées dans le bâtiment augmentent de façon exponentielle, on se dit que ce seront soit les locataires qui, en bout de chaîne, paieront la différence, soit que ce seront tous les contribuables romainvillois qui assumeront cet effort par leurs impôts.
De ce point de vue la dernière opération immobilière sur l’ancien site Nokia avec la société Nexity est exemplaire : non contents d’avoir bradé le terrain (vendu 4 5OO OOO euros alors qu’il avait une valeur potentielle de plus de 6 000 000 d’euros), les représentants de la municipalité à l’OPH de Romainville ont décidé de racheter 11 logements sociaux que l’opérateur va construire !!! Cherchez l’erreur.
- si je suis élu, sans remettre en cause l’opération de renouvellement urbain, je proposerai la diminution de son ampleur, la réhabilitation des bâtiments non détruits, je ferai la transparence sur l’emprunt contracté par l’OPH et sur ses incidences durant les 30 prochaines années.
Mais le logement social ne recouvre pas que la seule question du logement. Les services rendus par l’office et pour lesquels chaque locataire contribue doivent être abordés. La régie des services techniques est de plus en plus abandonnée au profit d’entreprises privées. Je pense pourtant qu’il est essentiel de garder ces compétences dans le service public, de les améliorer bien entendu en terme de qualité, d’efficacité et de rapidité d’intervention. La question du cadre de vie dans lequel s’insèrent nos « grands ensembles » doit être pris en compte dans les réhabilitations. Il n’est pas acceptable par exemple de voir dans quel état sont les abords de la cité Langevin.
- Je m’engage d’autre part à valoriser la fonction de gardien et à lui donner des responsabilités accrues.
- Je m’engage à ce que la gestion de l’OPH soit plus démocratique, notamment au sein de son conseil d’administration, comme au sein des commissions d’attribution, de concertation locative. C’est pourquoi je proposerai à un conseiller municipal de l’opposition d’y siéger, en toute indépendance.
Enfin, une politique globale de l’habitat doit faire de la résorption de l’habitat indigne une priorité absolue. C’est pourquoi je proposerai d’étoffer le service hygiène-sécurité et de lui donner les moyens de ses investigations.
La petite enfance :
Pour avoir été maire adjoint chargé de la petite enfance pendant 8 mois, j’ai pu constater le fossé qui sépare l’offre de la demande en matière de garde d’enfants pour les 0/3ans.
Si les 4 crèches départementales ont répondu à l’époque où elles ont été construites aux besoins exprimés, cela n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Nombre d’enfants sont donc dirigés vers des assistantes maternelles agrées. Et bien entendu au-delà du coût qui n’est pas le même, l’appréhension de la vie collective pour les tous petits est un enjeu fondamental pour leur construction future et pour leur arrivée en école maternelle. Les crèches sont des lieux de sociabilité et d’apprentissage sans équivalent et une ville comme la nôtre devrait mettre en place une politique publique en rapport avec cet enjeu !
La maison de l’enfance, bien grand mot pour une halte garderie de 20 places, un espace de jeu et d’éveil qui ne sera pas une ludothèque, donnera la possibilité aux parents qui ont des horaires de travail décalés de bénéficier d’un mode de garde adapté. Mais un tel équipement ne peut résumer à lui seul la priorité décrétée dans ce domaine en 2001 !
Bien d’autres actions auraient pu être engagées en terme de garde comme en terme d’éveil.
- c’est pourquoi je m’engage à soutenir la création d’une crèche parentale (sur le mode associatif) avec le concours de parents bénévoles, en mettant à disposition des locaux aménagés et en proposant une subvention à même de rémunérer un ou une directrice professionnelle.
- La disponibilité ou la volonté des parents pour un tel projet étant des facteurs objectifs de difficultés, j’étudierai dans le même temps la faisabilité d’une crèche familiale qui garantirait professionnalisme des assistantes ou des nounous agrées et qui introduirait une dimension collective au mode de garde.
Mais il est des orientations qui peuvent avoir une réalité immédiate : celles des activités d’éveil pour les 0/3ans. Je suis convaincu que dès son plus jeune âge, un enfant a une capacité d’écoute, de compréhension, d’émerveillement inépuisable. Je reste convaincu que la concentration, un des problèmes contemporains majeurs des élèves jusqu’au lycée, s’appréhende dès le début de la vie. Il me paraît donc impérieux de proposer des actions d’éveil pour les 0/3 ans, qu’ils soient gardés en crèche, par des assistantes maternelles, des nounous agrées ou pas, des familles.
- Je m’engage à développer avec les responsables du conservatoire départemental de Romainville un programme d’éveil musical qui complète le dispositif actuel des 3/5 ans et qui intègre bien entendu les parents ou les professionnels accompagnants. Certaines des activités de ce programme seront délocalisées dans les trois espaces de proximité de la ville pour que les déplacements soient réduits le plus possible.
- Je m’engage dans le même esprit à développer avec les responsables de la future médiathèque un programme d’éveil par la lecture mais aussi par le spectacle vivant dont les déclinaisons seront là encore proposées dans tous les quartiers de la ville.
- Je proposerai au service de la culture d’intégrer dans sa programmation un festival annuel de théâtre/marionnettes « très jeune public » itinérant.
- L’espace jeu prévu dans la future halte multi accueils sera un lieu de rencontres et de socialisation incontournable. Les amplitudes horaires d’ouverture seront réfléchies de telle façon que chaque parent, chaque nounou, chaque assistante maternelle puisse « bénéficier » de ce service.
- Je m’engage également à mettre en place des initiatives liées au développement de la motricité des jeunes enfants avec le concours de spécialistes.
Une autre dimension d’une politique publique de la petite enfance est la formation des professionnels. C’est pourquoi des partenariats seront développés avec le Conseil Général qui est très impliqué dans ce domaine et la caisse d’allocation familiale pour aider les assistantes maternelles à compléter leurs compétences et leurs expériences. Un programme annuel de « conférences » par thématiques (dont la psychologie de l’enfant, la nourriture, l’hygiène…) sera proposé gratuitement aux personnes intéressées.
Enfin je précise que la tarification appliquée pour toutes les activités le sera sur la base du quotient familial.
Une petite remarque a S Weisselberg, si l ensemble de son texte et de ses propositions ne peuvent que me satisfaire a titre personnel, je remarque une fois de plus, mais c est un suejt de debat entre lui et moi depuis l'an 2000 que nous nous connaissons, mais a part l'aspect financier des vestiaires du complexe sportif Baldit, il ne dit mot et ne s'engage pas sur l avenir ET LE DEVELOPPEMENT DU MOUVEMENT SPORTIF DANS NOTRE VILLE.
Mesdames et messieurs les candidats apres 7ans de massacre du sport local par C Valls et ses adjoints, expliquez nous vite vos projets pour ce secteur si important de la vie locale.
P Pierquet
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