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La chute du moral des ménages en novembre illustre les craintes des Français pour leur pouvoir d'achat et est analysée également comme un "signal inquiétant" pour la croissance, selon les économistes.
"Les résultats de l'enquête de conjoncture auprès des ménages font froid dans le dos", résume Alexander Law, économiste en chef au cabinet Xerfi, pour qui "on ne peut pas tout attribuer à la grève". L'indicateur de l'Insee mesurant le moral des ménages est passé à -28 en novembre, contre -23 le mois précédent, "un chiffre très proche de celui enregistré à la fin 2005 suite aux troubles dans les banlieues", relève Alexander Law. Tous les soldes d'opinion qui composent cet indice ont reculé, "mais le plus notable est la lourde chute des intentions d'achats (-19), soit le niveau le plus faible depuis septembre 2005", souligne Mathieu Kaiser (BNP-Paribas). "Cela est cohérent avec des anticipations de niveau de vie et de pouvoir d'achat nettement dégradées" de la part des ménages, qui redoutent également une hausse de l'inflation, analyse-t-il. Selon l'Institut national de la statistique, les perspectives de niveau de vie en France ont chuté de 11 points en un mois, soit un plongeon de 36 points depuis l'élection de Nicolas Sarkozy en mai, rappelle Marc Touati (ACDEFI).
Entre la flambée des prix à la pompe et celle des denrées alimentaires, sans oublier les loyers qui progressent toujours à un rythme soutenu (plus de 3%), "les ménages ne peuvent que continuer à avoir le sentiment d'un pouvoir d'achat rogné par les dépenses contraintes", explique M. Kaiser. "Quand on sait que les dépenses des consommateurs ont représenté entre 60% et 100% de la croissance du PIB depuis 5 ans, on comprend l'ampleur du problème", tranche-t-il.
Moins de pouvoir d'achat, réel ou ressenti, risque d'aboutir à une baisse de la consommation et donc à un ralentissement de la croissance dans le contexte français. (P.P. d’après l’AFP)
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