Feuilleton: Episode 10
Et puis il y a des cas d’expulsion. Pour Coco Polka et son compagnon d’ adjoint Djack, eux qui ont, comme on le détaillera plus loin, « monté une opération de dénonciation contre le président de l’office des loyers pas chers », l’accusant d’expulser à tord, il semble qu’une fois installés dans le fauteuil de la présidence de l’Office, ils sont devenus beaucoup moins regardant sur ces départs forcés de locataires.
Ainsi le cas, en juin 2007, d’une locataire de la cité du cosmonaute . Veuve, avec trois enfants à charge, elle est tombé gravement malade. Une longue maladie qui finalement lui coûte son emploi. Conséquence directe, des loyers impayés. Dernièrement le bout du tunnel semble arriver. Elle retrouve un emploi, et bien sur reprend le paiement de ses loyers et commence des versements pour rembourser sa dette. Et pourtant en juin, elle a reçu un avis d’expulsion pour juillet. Ayant prix contact à la permanence des élus « Communistes Romainvillien » une conseillère municipale est intervenue auprès de la préfecture pour surseoire.
Toujours cité du cosmonaute, le cas d’un autre locataire. Il est retraité, veuf, (sa femme s’est suicidée), il est affecté par un cancer, et vit avec son fils handicapé mental qui bénéficie d’une pension d’invalidité. Mais d’atteindre l’âge de la majorité, ses versements sont depuis bloqués sur un compte dans l’attente de la désignation d’un tuteur légal par la justice. En avril un avis d’expulsion arrive chez eux. Ses amis contactent des militants « Communistes Révolutionnaires Romainvilliens » qui habitent le quartier. Avec des militants du PCR de la cité, ils entreprennent plusieurs actions afin de solutionner ce grave problème humain. Dernièrement, en juillet, c’est une élue communiste, Gigi Giakviseul (l’épouse de l’ex-président de l’office) qui habite le quartier, et qui siège au Conseil d’Administration de l’Office, qui a repris le dossier et qui l’a accompagné dans les locaux du bayeur, pour résoudre ce cas tragique.
Restons dans le secteur de la cité du Cosmonaute et évoquons le différent entre les jeunes de la cité et la municipalité. Il faut dire que la cité du Cosmonaute ne compte aucun équipement social. Seul un appartement en rez-de-chaussée d’un bâtiment a été transformé en foyer pour les anciens du quartier. Mais rien pour les jeunes, pas de maison de proximité, ou de maison de quartier, encore moins de MJC. Aucun lieu pour se retrouver. Et pas un animateur a croiser entre les bâtiments. Alors au fil des années la démarche reste la même, les jeunes se regroupent aux pieds des escaliers. Selon les générations, comme par magie, le lieu de rassemblement évolue. Cette présence fait naître des nuisances pour le voisinage. Comme parmi ces jeunes adolescents certains n’hésitent pas à développer en plus « des incivilités », les revendications des locataires se sont de plus en plus pressentes, … de plus en plus précises, en direction de certains jeunes garçons. Des ados loin d’être des saints, mais pas non plus des membres du grand banditisme. Et pourtant, au fil des mois, sous la pression du Maire, les interventions de la police du commissariat sont devenues de plus en plus rigoureuses, les interpellations se sont multipliées. Et à chaque fois le Maire désigne les même « coupables » . Seul problème, des témoignages qui dédouanent les jeunes, ou encore plus significatif, une plainte déposé contre un jeune, soit disant responsable d’un acte de vandalisme, alors qu’au moment des faits, il était (déjà) justement au poste de police…
Lutter contre l’insécurité est tout a fait louable. Mais pourquoi jouer ainsi avec la vérité ? Si ces jeunes commettent réellement des infractions, c’est sur ces dossiers qu’il faut les poursuivre, et non pas, par facilité sans doute, à chaque fois les désigner, quitte à faire naître chez tous les jeunes du quartier un sentiment d’injustice, qui en plus donne aux acteurs mis en cause, un rôle de martyr qui conforte leur statut de leader juvénile et populaire.
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