| M. Pierquet,
Cela fait bien longtemps que je ne suis plus étonné de l'absence d'une quelconque attitude professionnelle, éthique de la part des journalistes dans l'exercice de leur métier. Mais il faut bien avouer que vous franchissez encore un nouveau pallier, à travers votre papier intitulé "pas très beaux les bobos", dans le mépris, l'arrogance et l'ignorance !
Vous n'êtes pas sans savoir pour autant que je ne suis plus maire adjoint chargé de la citoyenneté et ce faisant, "responsable" des conseils de quartier. Depuis les dernières élections municipales anticipées dont soit dit en passant l'analyse de l'échec de la liste commune citoyenne et parti communiste, produite sur votre blog, manquait singulièrement d'honnêteté et de rigueur (au moins mathématique) mais ceci est un autre sujet. Je ne peux donc participer aux réunions des conseils de quartier que lorsque leurs animateurs décident d'en organiser. Pour le conseil de quartier centre, la dernière réunion remonte à septembre ou octobre dernier ! J'ai pris connaissance de la prochaine, comme vous récemment, par les documents reçus dans notre boîte aux lettres. Et comme vous, je fus surpris de la date choisie pour cette première initiative depuis bien longtemps. La première démarche que j'ai eue consista à contacter mon ami (comme vous dites, plus exactement un de mes meilleurs amis) François Lecornec pour lui signifier la concomitance de la date retenue avec l'organisation de la fête de l'humanité et de mon point de vue, l'impertinence du choix. Il me fut répondu que tout serait fait pour décaler l'évènement en question. Il reste que je ne suis pas de ceux qui stigmatisent les gens qui s'impliquent pour faire vivre leur quartier et qui ne s'intéressent pas forcément à la vie politique nationale et à ses grands rendez-vous de rentrée par exemple. De même que je ne suis pas et ne fus pas dans l'exercice de mes fonctions passées adepte d'une relation organique entre le pouvoir en place et les structures de participation des romainvillois comme le sont les conseils de quartier (au moins sur le papier). Et si votre conception vous a amené à cautionner, voir à comprendre et promouvoir un type de relation jadis entretenu entre certains syndicats et certains partis politiques (de droite comme de gauche d'ailleurs), ce n'est pas la mienne. Il en va de l'indépendance de ces structures et de la nécessité de les positionner comme d'éventuels contre-pouvoirs. il en va de la respiration de notre démocratie et du renouveau en politique ! Ceci dit, en ce qui concerne l'expérience de Romainville, je reconnais qu'il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet et sur l'inadéquation entre les principes de départ et la pratique depuis leur avènement.
Enfin, vous ignorez visiblement (et pour un journaliste, c'est un comble car cela est connu de tous ceux qui s'intéressent à la vie de leur ville et plus précisément du quartier centre) que 4 membres sur 5 du bureau du conseil de quartier centre habitent comme vous la cité Gagarine et peuvent difficilement être qualifiés comme vous le faîtes avec tant de cynisme et de mépris, de Bobos !!! Mais pour ne pas tomber dans le travers des amalgames, des raccourcis et des procès d'intention, il aurait fallu un peu plus de déontologie qui, malheureusement devient une denrée rare chez certains journalistes. Vous chérissez le gros trait, la caricature qui trace des frontières et installe des idées reçues. Pour quel objectif ? Vous pointez une catégorie de population en fonction d'une prétendue aisance financière et d'un parcours plus aisé que d'autres, vous enfermez les gens dans des boîtes et pour les besoins de votre démonstration, vous les ciblez pour les opposer aux "laborieux". Finalement, vous n'avez pas de pratique très différente d'une personne dont j'avais cru comprendre pourtant, que nous combattions ensemble les méthodes et la politique mise en place ! Quant à moi, je serai toujours avec autant de plaisir sur la fête de l'humanité le 15 septembre, quelle que soit la décision des membres du conseil de quartier centre à propos de leur évènement. Nous nous sommes croisés quelques fois, nous avons été souvent en désaccord mais cela fait parti du nécessaire débat contradictoire quand on a le souci d'une démocratie la plus aboutie possible.
Cordialement, Stéphane Weisselberg. |