Un lettre de François Le Cornec à Philippe Guglielmi

Le 29 05 07
Mon cher Philippe,
Tu avais l’air bien énervé l’autre dimanche, au marché de Romainville.
Tu es allé jusqu’à me menacer d’une action en diffamation (que j’attends de pied ferme, prêt à déposer moi-même, une plainte reconventionnelle) .. ce qui m’a étonné de la part d’un vieux routier comme toi, rompu à tous les combats, électoraux ou autres.
La présente lettre a pour but de faire le point avec toi et de tenter de t’expliquer mes positions,
Si tant est qu’elles sont explicables.
1° Il faut te reconnaître une qualité : quand tu as un message à faire passer à quelqu’un, tu ne l’envoies pas dire ; ce n’est pas si courant, je dois l’avouer.
2° Je me vois contraint de te répéter que mes lettres ou autres billets d’humeur n’engagent que moi.
Le Comité citoyen et le P.C.F. n’ont rien à y voir.
Je leur ai simplement demandé de me faire savoir s’ils estiment que mes écrits deviennent contreproductifs, auquel cas je cesserais immédiatement d’en expédier.
Je suis entré au Comité citoyen parce qu’il s’agissait d’un mouvement « qui ne se reconnaît dans aucun parti politique existant et qui souhaite faire de la politique autrement ». Le C.C.R. laisse d’autre part la plus grande liberté d’action à ses membres (ce dont j’ai largement profité comme tu as pu t’en apercevoir).
Je te rappelle que le CCR a contribué largement à l’élection de la Maire Valls et qu’elle a fait avec nous ce qu’elle a fait avec le PCF : elle nous a « jetés » après s’être servie de nous.
Cette mise à l’écart s’est passée dans les pires conditions :
Elle a retiré les délégations de nos élus, a rendu celle de Stéphane W. en lui retenant ses indemnités en lui enlevant toutes ses responsabilités réelles, en le faisant disparaître de toutes les photos du journal et elle en a profité pour écarter brutalement avec la complicité de Madame V de P, Guillemette Aubry, au motif que « si elle s était engagée à rendre les délégations à Stéphane, elle ne s’était pas engagée à ne pas retirer celles de Guillemette. »
De qui se moque t-elle et pour qui prend-elle les gens ?
Personnellement, je ne lui pardonnerai pas ses agissements et je suis bien obligé de constater qu’elle n’a pu les mener à bien que parce qu’elle avait trouvé de nouveaux alliés qui lui assuraient une majorité : le PS d’abord, les verts ensuite (le pauvre Calzettoni, d’autant plus péremptoire que les assises électorales de son nouveau parti s’amenuisent, fait pitié,) le PRG ensuite (!), le Forum de Romainville enfin( !)
Tu es quand même conscient, mon cher Philippe, de la vraie nature de tes nouveaux colistiers, et malgré cela, tu as quitté tes alliés du PCF pour aller vers des gens dont la principale motivation était la recherche d’une subsistance à n’importe quel prix.
Quand on te parle de cela, tu réponds par des mots de « tactique », « stratégie », « rapports de force ».
Moi, je préfère l’idéologie, voire l’utopie, les qualités intellectuelles, bref ce que j’ai trouvé chez les leaders du CCR.
Ces dernières lignes vont te faire sourire mais il faut que tu saches que les gens comme moi, qui n’attendent rien de la politique, deviennent enragés quand ils comprennent - mais un peu tard- qu’on les a floués, qu’on a cassé leurs illusions.
Dès lors, je m’attacherai à démystifier la maire Valls et ses alliés, à montrer que derrière les professions de foi et les trémolos, il y a des réalités qu sont nettement moins exaltantes .
Je continuerai à souligner le ridicule qu’il y a à retrouver quatorze membres d’un conseil municipal unis par des liens de parenté et conduits par ce « duo campionno-vallsiste » que tu stigmatisais naguère.
Je soulignerai que l’un des premiers actes d’un de tes collègues, quand il s’est retrouvé dans la nouvelle majorité, à été de faire embaucher son fils au sein du personnel communal, ce qui s’appelle du népotisme (le président de la banque mondiale vient d’être remercié pour des faits semblables).
J’ajouterai même que je suis plus surpris qu’indigné que de telles pratiques ne te choquent pas.
Tout ça, ce sont des faits. Il n’y a pas de diffamation là- dedans.
Tu me reparleras encore de mon ancien métier pour t’étonner qu’après l’avoir exercé de longues années, j’aie cette forme d’esprit et cette mentalité.
Je vais achever de stupéfier en te précisant que ce métier, je l’ai choisi un peu par hasard et pour gagner ma vie (comme Gérard et les époux V de P ont fait leurs choix politiques) mais qu’ensuite j’ai – du moins je l’espère - toujours été guidé par l’idéalisme.
François le Cornec
Je parlerai prochainement des grands partis politiques, à l’échelon national, le tien notamment qui donne en ce moment un spectacle vraiment lamentable – mais aussi la droite et le centre.
J’espère que cela t’intéressera.
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