Et François Delbosq nous dit....

J'ai lu avec intérêt les communiquée par le site a-romainville.info relatif aux indemnités que se sont attribuées généreusement les nouveaux élus de la
ville. J'aimerai apporter quelques précisions. Comme leur nom l'indique il s'agit là d'indemnités et non pas de salaire, car aux yeux des créateurs de ce système la politique doit rester un acte de bénévolat. Il s'agit donc
d'indemniser, mais d'indemniser quoi ? En l'occurrence un manque à gagner du à l'investissement personnel (en temps bien sur) de l'individu. Par exemple un médecin, un artisan qui réduit sa clientèle, un salarié qui prend un
temps partiel, etc... C'est à ce titre que ces indemnités sont libres de charges sociales, non imposables, qu'en fait elle ne sont pas considérées comme un revenu. C'est ainsi qu'un allocataire du RMI et/ou de l'APL
continuera a l'être, à bénéficier de la gratuité des transports (en plus de la voiture communale dont il pourrait bénéficier). Loin de moi l'idée de soutenir mordicus ce concept d'indemnité qui présente l'inconvénient de rétribuer plus celui qui gagnait plus (car c'est celui qui perd le plus), le principe de "salarisation" des élus me parait poser malgré tout quelques
questions notamment en ce qui concerne leur autonomie, leur libre arbitre et donc de facto leur sincérité, face à leur "employeur" . Ceci est à rapprocher également des propos tenus ci et là au cours de la campagne
présidentielle sur les professionnels de la politique, qui il faut bien le dire se trouvent à tous les échelons de la hiérarchie comme on peut le voir ici. Quand au montant de ces indemnités il est à rapprocher des chiffres parus ces jours-ci dans la presse concernant les responsables nationaux ou l'on voit qu'un ministre touche moins de 6000 euros par mois par exemple
(qui a parlé de salaire de ministre ? Il me semble que sénateur avec un CDD de 9 ans quasi reconductible tacitement est bien mieux loti). On pourrait rappeler également une vieille tradition qui sévissait chez les
élus communistes selon laquelle il reversait au parti leurs indemnités en échange d'un salaire, bien moindre. J'espère que, pour certains, la découverte de la citoyenneté ne va pas à l'encontre du maintien des
traditions.
F DELBOSC