Etat de Guerre dans le 93? Oui selon l'Armée

Un avion sans pilote équipé d'une caméra, plus communément appelé "drone", prêté par l'armée de l'air aurait survolé notre département afin de surveiller certains quartiers de villes séquano-dyonisienne dans la nuit du 13 au 14 juillet. Cette utilisation sans précédent à des fins de flicage a provoqué la réaction de Jean-Marie Doussin, Secrétaire départemental, que vous trouverez ci dessous , inutile de vous dire que les Communistes Révolutionnaires de Romainville partage cette indignation et que nous dénonçons de telles partiques:
PCF 93 Pantin, le 22 septembre 2006
Madame ALLIOT-MARIE Michèle
Ministre de la Défense
14, rue Saint-Dominique
00452 ARMEES
Madame le Ministre de la Défense,
L’information nous est parvenue selon laquelle un appareil militaire aurait secrètement survolé des quartiers de la Seine-Saint-Denis. Une question vient immédiatement : est-ce là la fonction des armées de la République ? Une émotion considérable et légitime est ressentie. Cette émotion est renforcée suite aux provocations démultipliées de représentants de l’Etat.
Madame le Ministre, dans cette situation, nous voulons vous exprimer notre plus vive réprobation. Notre département n’est-il pas suffisamment méprisé et stigmatisé par vos collègues du gouvernement, par tous ceux qui acceptent que l’on qualifie de « racailles » des jeunes sous prétexte qu’ils habitent des quartiers de la Seine-Saint-Denis, pour que vous contribuiez de manière irresponsable à l’identifier à un territoire en guerre ? Il n’y a pas de guerre en Seine-Saint-Denis, il y a des gens qui souffrent, il y a trop d’inégalités, trop d’absence de réponses politiques adaptées.
Madame le Ministre, nous avons besoin de reconnaissance, de dignité, nous avons besoin d’une formation et d’une école de qualité, nous avons besoin d’emplois et de salaires corrects, nous avons besoin d’une politique sanitaire et d’une offre médicale de haut niveau, nous avons besoin de logements abordables et d’un environnement agréable, nous avons besoin de culture et de loisirs accessibles, nous avons besoin aussi d’une police de proximité et d’une justice sociale. Mais, non, nous ne sommes pas des cobayes ni de l’armée, ni de la police. Simplement, avec force et détermination, nous exigeons les moyens humains et matériels indispensables au développement économique et social de la Seine-Saint-Denis.
…/…
Avec la population, je m’insurge contre les provocations que nous subissons jour après jour. Utiliser des appareils militaires à des fins policières est au rang de celles-ci ! Je vous demande d’intervenir pour que cessent ces dérives et de nous le faire savoir. Je vous demande d’écouter et de faire droit à l’exigence de respect, de réparation et d’égalité qu’exprime notre département.
Dans l’attente,
Veuillez agréer, Madame le Ministre de la Défense, l’expression de notre détermination à combattre vos choix et à promouvoir d’autres avenirs.