les interventions au conseil municipal du 27/05 (5)
Intervention de Sofia DAUVERGNE
Conseillère Municipale
Délibération : Création de 3 postes de gardiens de Police Municipal et modification de tableau des effectifs.
Comme vous l’avez rappelé, le 21 janvier, il a été voté la création d’une police municipale à Romainville. Vous étiez motivée à l’époque par l’idée que la ville devait accompagner l’effort de la police nationale pour veiller à assurer la sécurité des biens et des personnes sur le territoire communal. J’imagine que vos motivation reste d’actualité, vous imaginerez aisément que je ne partage pas cette vision des responsabilités qui incombe à notre commune.
Je ne pense surprendre personne en réaffirmant qu’aller dans ce sens c’est renoncer à l’idée que l’Etat a des responsabilités régaliennes envers les habitants de notre ville et qu’en acceptant la création d’une police municipale nous entérinons volontairement ce désengagement.
Plus encore, accepter cela c’est accepter aussi une France divisée. Accepter cela c’est accepter une France des inégalités. C’est participer à la structuration de la pauvreté dans laquelle des communes auront les moyens de se doter d’une police municipale, tandis que d’autre ne le pourront pas.
Vous m’épargnerez, je l’espère, le fait de gestion qui voudrait faire croire que des communes soient mieux gérée que d’autre et que cette bonne ou mauvaise gestion soit en cause pour expliquer la présence ou l’absence d’une police municipale. Ce serait inexact et en cette période de difficulté sociale, indécent.
Si je partage la volonté de combattre l’insécurité, il ne suffit pas de se contenter d’effets de manche. Car ne berçons pas les romainvillois d’illusion, la police municipale ne règlera pas les problèmes d’insécurité et au contraire, comme c’est le cas dans de nombreuses commune, nous courrons le risque de ces agents dans de réelles difficultés.
Car de quelle insécurité parlons nous ? Les incivilités ? Le mauvais stationnement ? La petite délinquance ? Le trafic de stupéfiant ? Quelles seront les marges d’intervention de notre police municipale ?
Vous voyez, les questions liés à l’insécurité sont plus complexe qu’il n’y parait, et demande une intervention entre plusieurs partenaires, notamment ceux liés à la prévention, notamment en cette période difficile où les liens sociaux se distendent et dans laquelle les comportements déviant sont étroitement liés aux conditions d’existence des romainvillois.
Sans angélisme de ma part, je reste convaincu que les moyens que notre ville dégage pour maintenir ce service rendu à la population ne remplaceront pas le travail de prévention inhérent au problème liés à l’insécurité. Il n’y a pas dans mon esprit un refus de travailler en étroite collaboration avec le commissariat. Au contraire, je crois à une police qui soit en lien permanent avec sa ville, je crois à la police de proximité car Prévention et Répression sont nécessaires dans une démocratie moderne.
Mais la police municipale ne remplacera pas le manque de moyen criant pour développer les services de proximité rendus à la population. Or, travailler à développer les services de proximité seraient une vrai réponse, en restant dans nos prérogatives, pour accompagner les habitants de romainville y compris pour ceux qui ont emménagé récemment dans notre ville.
Je ne pense porter atteinte à personne en affirmant que c’est à l’insécurité sociale que nous devons nous attaquer, et en cela la commune doit prendre ses responsabilités.
C’est dans ce sens qu’encore une fois sans angélisme, il est aussi de notre responsabilité de dénoncer et de combattre avec plus d’ardeur, le manque criant d’effectif de police dans notre ville et plus largement sur le département de la Seine Saint Denis.
En cela, je vous réitère nos propositions :
- Privilégier la proximité et renforcer l’action du service public sur le terrain,
- Restaurer les conseils de quartier dotés de budget participatifs,
- Créer une instance locale de concertation sur l’école, pour définir une véritable politique éducative cohérente et partagée,
- Créer un service municipal de la jeunesse qui privilégiera son action éducative par quartier.
- Augmenter le nombre de médiateurs, valoriser et augmenter le nombre de gardiens d’immeuble dans notre ville,
- Développer et valoriser le tissu associatif, social, culturel et sportif qui par sa richesse et sa diversité constitue un point d’appui solide pour que notre jeunesse puisse se construire un avenir.
Voilà quelques propositions. Il ne s’agit pas pour moi de viser à l’exhaustivité, mais d’insister encore une fois pour qu’un travail commun puisse un jour aboutir.
Mais pour ce qui concerne ce sujet délicat, soyons conscient qu’en acceptant de créer cette police municipale, la majorité a ouvert une boîte de pandore, dont nous auront à subir les conséquences sur de nombreux autres domaines.
Plus largement, avoir accepté d’assumer le désengagement de l’Etat, c’est accepter l’idée de structurer la pauvreté et à terme la ghettoïsation de nombreuses villes.