Les rentiers de la peur

Publié le par pierquet

ssemblVoici une nouvelle contribution de notre sorcière préférée qui cette fois intervient sur la loi sur l'immigration que N Sarkozy présente actuellement à l'Assemblée Nationale:

"Une partie de la droite, fidèle à la stratégie gagnante 2002 et pensant voler à de VILLIERS et LE PEN le salaire de la peur, a choisi d'encourager une nouvelle fois le rejet de l'autre. Parler des banlieues comme le terreau des angoisses françaises (immigration, polygamie, jeunesse métissée, délinquance, économie souterraine, islamisme, terrorisme) permet de laisser libre cours aux pulsions racistes de notre société, sans être accusé de discrimination ou d'incitation à la haine raciale. La "racaille" c'est le jeune, l'étranger, l'anti-France, ceux qui écoutent le rap et celles qui poussent des youyous pendant les mariages blancs.
 
Alors qu'une partie de la droite glorifie le passé colonial, on finit par se demander si le "nettoyage au Karcher" des quartiers ne serait pas en fait une nouvelle entreprise de colonisation intérieure : Faute de pouvoir expluser les pauvres de France, la solution serait aujourd'hui de les reconduire et les parquer dans de nouvelles frontières intérieures, en marge des villes. C'est la signification de "l'Etat d'urgence", loi coloniale de 1955 permettant le "couvre-feu" des 25 000  policiers mobilisés pour encercler les zones sensibles lors des violences ou à la Saint Sylvestre, et des différentes mesures pour "assigner à résidence" les habitants des quartiers et "dresser la racaille" à l'intérieur de nouvelles colonies.
 
Beaucoup d'habitants des quartiers populaires, notamment ceux Français, dont les origines renvoient à notre histoire impérialiste, se sentent humiliés par ce discours néo-colonial à peine voilé et refusent d'être traités comme des citoyens de seconde zone, comme de nouveaux indigènes, le "nouveau fardeau de l'homme blanc".
 
La droite glorifie le passé colonial afin de mieux ghettoïser les banlieues. Elle parle de polygamies, d'immigration choisie, de chansons de rap anti-française, pour faire accréditer l'idée que ce qui se passe en banlieue ne concerne pas la République, que c'est un problème "étranger à la France" Elle tente ainsi de dresser les Français les uns contre les autres, les renvoyant à une identité uniquement religieuse, culturelle ou de couleur, de peur de voir émerger une identité de classe sociale qui a fondé les grandes luttes du passé.
 
 
Comment peux tu Nicolas ! Toi qui a aussi des origines étrangères nous pondre un tel projet de loi 

Qu'en pensent tes parents ?"

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Publié dans lecactusrouge

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