revenons sur le Bac
Bien sur 86 % des candidats ont décroché leur bac cette année, mais de la à évoquer la fin du bac, il y a un grand pas à faire, car, remettre en cause ce diplôme, c'est briser un symbole, celui de l'égalitarisme républicain qui donne accès à l'enseignement supérieur quel que soit le lycée d'où l'on vient. Et puis il n’y a pas un « bac » mais des « bacs », car il en existe soixante-six aujourd'hui ! Au final, seuls 34 % d'une classe d'âge se voient délivrer un baccalauréat dit général - littéraire (L), économique (ES), ou scientifique (S) - le plus prestigieux dans l'opinion. C'est aussi le seul comparable au diplôme originel. Pour parvenir à 66,4 % de réussite dans une classe d'âge, il faut ajouter les filières technologique et professionnelle, inventées en 1968 et 1985 pour démocratiser le diplôme. Le record de cette année (86 % de réussite contre 83 % l'an dernier) est précisément lié à l'augmentation du succès au bac «pro». Pour la première fois, ses candidats ont eu droit à une épreuve de rattrapage, une réforme de l'ancien ministre de l'Éducation Xavier Darcos.
Le bac général, lui, est-il vraiment plus facile qu'avant ? Oui, répondent les enseignants. Les copies sont truffées de fautes d'orthographe et sur un paquet de cent vingt copies, une dizaine sont rédigées en langage texto. Dès le primaire, le niveau est en forte baisse, comme le montrent les résultats à une même dictée à vingt ans d'intervalle.