Lettre à Serge Chedozeau

Mon cher Serge
C’est bien la première fois que je t’écris. Et cet exercice de style m’est pénible puisqu’il s’agit du jour où ta famille et tes amis vont honorer ta mémoire. Ce sont les péripéties de la vie romainvilloise qui ont fait que nous nous sommes mieux connus. Et puis en fin 2007 à quelques semaines d’intervalles nous avons perdus nos compagnes alors….
Cette fois la « grande faucheuses » est venue te chercher toi, et nous restons là comme des « cons ». Depuis de long mois la douleur était là je sais bien mais quand même….
A nous il reste bien sur le souvenir d’un camarade exemplaire dans les combats. Mais je m’aperçois que je ne connais pas grand chose de toi. Au détour d’une discussion comme cela tu m’as dit avoir travaillé dans le bâtiment, les charpentes en particulier si je me souviens bien durant un temps. Mais moi j’ai connu surtout le militant de la Confédération National du Logement, administrateur de l’Office, qui savait si bien éplucher les comptes pour voir là où le locataire y était de sa poche et qui de son air bonhomme savait exiger que l’on rentre dans nos sous. Tu étais infatigable dans cet exercice. Et tu savais où s’adresser pour faire valoir nos droits. A l’annonce de ta mort, en évoquant tes combats avec François Delbosc, qui a oeuvré à tes côtés à OPHLM durant un temps, nous nous sommes retrouvés sur cette idée – tu étais l’image même d’une certaine conception de la grandeur du monde ouvrier- , les compagnons, ces bâtisseurs qui alliaient solidarité et quête du bel ouvrage. Des valeurs qui n’ont plus la part belle aujourd’hui c’est vrai. Alors aujourd’hui tu nous laisses ta volonté de toujours se battre contre les injustices et les magouilles. Serge Chedozeau, le Cactus Rouge que tu as contribué à faire vivre si souvent salue ta mémoire et partage la douleur de ta famille, de tes proches, et nous te promettons de poursuivre tes combats, c’est bien là le minimum que l’on te doit.Allez Serge, salut et freternité
Patridk
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