Sur l'abstention
Voici une analyse signée « Armand » qui a été publié par le « groupe débat_communistes_unitaires », nous le soumettons à notre débat :
Lors du référendum de 2005, qui concernait au plus haut point l'Europe, la participation électorale avait été de 70%.
Aujourd'hui, elle est tombée à tout juste 40% !
La raison n'est donc pas à chercher dans un désintérêt de la population pour l'Europe, mais bien dans les réponses proposées qui ne cadrent pas avec son attente, et surtout, parce que, entre temps, la défiance s'est accrue considérablement, vis-à-vis des forces politiques susceptibles de les mettre en oeuvre, du fait de leurs divisions récurrentes.
Ce sont donc à la fois, les institutions européennes elles-mêmes, et celles et ceux qui ont accepté de s'y inscrire, qui ont été massivement disqualifiés.
En acceptant d'en jouer le jeu truqué, au lieu d'en dénoncer le caractère profondément antidémocratique et pervers (élections débouchant sur aucun pouvoir effectif des élus de changer fondamentalement le cours des choses), de plus, en partant divisés, ce qui, avant même les élections assurait la victoire de la droite, la gauche de gauche a accumulé les fautes et les manquements graves.
Tous les partis qui la composent sont également responsables.
Ils ne doivent donc s'en prendre qu'à eux-mêmes et faire amende honorable, si toutefois ils sont capables de toute contrition.
Malheureusement, les discrédits accumulés depuis le référendum, rendent ces forces là de plus en plus incapables, vis-à-vis de l'opinion publique, de faire face aux obligations du moment, à tel point que Sarkozy a vite flairé tout le profit qu'il pouvait tirer de cette situation propice à de nouveaux mauvais coups.
De ça aussi, les diviseurs sont responsables.
Enfin, il est évident que les luttes sociales qui ont, actuellement, du mal à trouver un second souffle, ne vont pas être stimulées par un tel résultat.
De ça encore, les mêmes portent l'entière responsabilité.
Mais tout n'est pas perdu.
On peut constater, en effet, que le déficit électoral que l'on peut chiffrer à 30% environ, compte tenu de l'abstention chronique, est pour l'essentiel composé d'électeurs du NON. (Jeunes et quartiers populaires)
Ce déficit est paradoxalement prometteur, puisque, potentiellement, il constitue un réservoir important d'électeurs qui n'ont pas encore totalement décroché.
Cependant, les partis politiques de la gauche radicale, ne semblent pas les mieux placés, pour tirer profit d'un tel potentiel.
Au contraire, ils sont de plus en plus ressentis comme un frein, voire un obstacle à toute progression. (voir le couac du NPA)
C'est donc dans un mouvement citoyen, permettant la libre expression de la diversité, incluant toutes le forces, politiques syndicales, associatives et citoyennes, et s'accordant sur des objectifs de transformation sociale profonde, que se trouve l'issue à l'impasse actuelle.
C'est ce à quoi il faut s'atteler maintenant, sans tarder, en oubliant vite ce triste épisode.
Armand