Le Pere François ecrit sur ses souvenirs....
24 avril 2009
Propos du père François
Il y a bien longtemps, mon ami le jardinier, m’avait traîné à la salle des fêtes de la mairie, à une réunion politique de Veronique Néiertz –vous savez, notre députée socialiste d’alors, qui, souffrante, a fini par laisser à Elizabeth Guigou, qui venait de se faire rosser à Avignon, une circonscription électorale « gagnée d’avance », la nôtre.
Un ministre était venu soutenir Véronique Néiertz, le responsable, je crois, de l’écologie, autrement dit Ségolène Royal.
« Ecologie », « Jardinier », elle tint à se faire présenter mon ami, qui, très « vieille France », et traînant à terre un panache imaginaire, lui déclara : « quand nous ferez-vous l’honneur, madame, de venir dîner en notre demeure ? »
« Tout de suite » dit- Ségolène, et nous voilà partis ventre à terre, le jardinier et moi, jusqu’à son domicile où j’épluchai les patates cependant qu’il battait les œufs.
L’omelette aux pommes de terre que nous partageâmes tous les quatre, arrosée d’un petit rouge de pays, était succulente, et nous passâmes un bon moment, seulement brièvement assombri par Ségolène, qui, reprenant le discours de Mitterrand, se mit à plaindre le « pauvre Bérégovoy » dont « l’honneur avait été jeté aux chiens » et que je répliquai que, cet honneur, il l’avait perdu en acceptant, de la part d’un voyou, un cadeau d’un million de francs, et qu’il ne l’avait retrouvé que lorsque, confondu, il s’était suicidé, alors que tant d’autres se seraient contentés de faire le gros dos et de laisser passer l’orage (souvenez-vous des délits d’initiés, des relations Mitterrand-Bousquet, ou Mitterrand Schoeller de l’Oréal, du rachat de Vibrachoc et de bien d’autres événements peu ragoûtants).
Ségolène était une femme charmante, cultivée, diserte ; certes, elle avait déjà accouché quasiment en direct à la télévision, elle parlait de tout, partout témoignant d’une frénésie d’arrivisme et de publicité qui posait problème, mais dont nous ne mesurions pas la portée.
Les années ont passé et vous connaissez aussi bien que moi le parcours de Mme Royal .
Moi, le personnage qu’elle est devenue me donne des boutons et pourrait parvenir à me faire voter pour n’importe qui afin de la tenir éloignée de l’assiette au beurre.
Je l’entends crier « tous ensemble ! » ou « aimez-vous les uns les autres » ou je ne sais quoi, intervenir à tout propos, soucieuse avant tout que l’on parle d’elle et dirigeant sa publicité d’une main de maître car c’est de publicité qu’il s’agit et pas d’autre chose
Pour moi, Ségolène Royal, c’est le triomphe de la people-isation et le degré zéro de la démocratie.
Alors, quand elle intervient dans les entreprises en faillite, en Argentine, dans la Guadeloupe en révolte (après un petit détour par Marbella), au salon de l’Agriculture, n’importe où pourvu que cela la place sous les feux de l’actualité, çà me gène un peu parce qu’elle est française et que tout çà ne vole pas haut (au fait, comment peut-elle être élue en Poitou-Charente alors qu’elle habite à Boulogne-Billancourt et à Mougins, comme d’autres qui représentent le 9-3 à l’Assemblée demeurent à Montparnasse et du côté d’Avignon)
Je me console en me disant qu’elle parle au nom des socialistes et en tant que candidate aux postes de responsabilité.
Mais, voici que maintenant, elle prétend s’exprimer au nom de le France, et présenter, en notre nom, des excuses aux sénégalais d’abord, aux espagnols ensuite.
Il y a comme çà des gens qui s’autoproclament représentants de notre pays, tels que Jean-François Deniaud naguère, Bernard Kouchner ensuite, Bernard Henri-Lévy enfin et surtout ; c’est proprement insupportable…
Je suggérerai à S. Royal, pour les mois à venir, de s’adresser aux vietnamiens, aux Malgaches, aux Marocains, aux Tunisiens, aux Algériens, aux juifs, aux protestants, aux ressortissants de tous les pays d’Afrique Noire où la France coloniale a sévi, sans oublier les autonomistes bretons, les handicapés, les ratons laveurs…et les pauvres que j’allais oublier et qu’il est de bon ton de plaindre tout en pétant dans la soie.
Elle peut plaindre le monde entier, mais qu’elle le fasse en son nom propre ou au nom de son parti (qui ne la désavoue pas et qui, même parfois l’approuve) ; surtout je lui dénie le droit de parler au nom des français.
Je fais partie de ces derniers et je prétends avoir le droit d’avoir des représentants ELUS et moins minables.
Il est urgent de ramener Ségolène Royal (quel nom ! Ses parents, eux non plus, ne devaient pas faire dans la simplicité…) au niveau subalterne qui aurait du rester le sien.
C’est pour des gens comme moi une question de dignité et d’honneur
J’espère que nous sommes nombreux à partager ce point de vue et j’aimerais que des voix plus autorisées que la mienne se fassent entendre à ce sujet.
François Le Cornec
PS :me voici bien loin de Romainville, mon cher Patrick, et j’espère que tu ne m’en tiendra pas rigueur. Après tout, au plan local et au plan national, mon propos est le même : lutter contre les fausses valeurs.
J’accueille avec un réel intérêt la proposition de « Jérôme » et je vais demander à Alain H de me mettre le blog dont il annonce la création en « site favori » pour voir ce qu’on y raconte. De toute façon, ce genre d’initiative est tout à fait positif et témoigne d’une volonté de s’intéresser au monde qui nous entoure.