Conseil du 25 suite N°2
Intervention de Stéphane Weisselberg, conseiller Municipal Citoyen sur le dossier Budget primitif 2009
au conseil municipal du 25 mars 2009
Mme le maire,
J’avais choisi de ne pas intervenir ce soir pour vous surprendre un peu, pour mieux écouter surtout. La mise en sommeil permet parfois plus de sagesse, plus de tempérance dans l’analyse des choses et finalement plus de sérénité dans l’approche du débat contradictoire.
Mais vous connaissez mon tempérament impétueux ; « l’effronté de gauche » comme me qualifiait un ami cher récemment, heureux de son jeu de mot, ne peut tenir sa langue : je vais réagir à ce que je viens d’entendre et au dossier de budget 2009 que vous nous présentez.
Sans agressivité démesurée ou déplacée, sans me draper dans la peau de l’omni-opposant dont je fus affublé par Maxence Alcade et comme vous l’avez demandé vous-même, Mme le maire, le mois dernier. En regard, j’espère que vous serez vous préserver de toute arrogance, comme vous vous y êtes engagée.
Vous nous avez entretenu, lors du débat d’orientation budgétaire, des raisons pour lesquelles un maire qui se prétend de gauche comme vous, qui affirme son opposition résolue à la logique capitaliste et à un de ses ardents défenseurs Nicolas Sarkozy (même s’il entend la moraliser), baissait les impôts !
Alors il y a bien des choix et des orientations que je ne partage pas dans ce budget mais je dois dire que c’est d’abord cette annonce aussi anachronique qu’antithétique avec la conception d’une société juste et solidaire qui me sidère !
L’impôt, c’est d’abord l’effort contributif à la redistribution des richesses ; c’est particulièrement en France un levier qui participe de la justice sociale, c’est avant tout ce qui permet le maintien et le développement des services publics dont la solidarité avec les populations les plus défavorisées.
Et puis le 1er pourfendeur de l’impôt, c’est quand même l’actuel président de la République !
Pour des raisons idéologiques qui font justement la césure entre la droite et la gauche, qui font que l’une prend en compte d’abord l’individu et l’autre privilégie le collectif dans son approche de la politique.
C’est pour cela que si j’ai toujours été pour la limitation de la pression fiscale, en particulier dans la période de crise économique que nous connaissons, je ne comprends pas votre décision.
Sauf à penser que vous avez définitivement rompu avec vos attaches doctrinaires !
Ces milliers d’euros de recettes fiscales auraient été bien utiles pour le CCAS dont vous amputez la subvention de 110 000 euros, soit 33%. On peut pourtant raisonnablement penser que les services sociaux de la ville vont être de plus en plus sollicités. Mais ils auraient été bien utiles aussi pour le régime indemnitaire des agents communaux puisque vous parlez de redonner du pouvoir d’achat aux romainvillois. Non pas en les pénalisant sur leurs primes après 8 jours d’absence, comme vous avez voulu le faire prétextant lutter contre l’absentéisme. Mais bien au contraire, en les mobilisant sur leurs missions de service public !
Car si les dépenses de fonctionnement augmentent en ce qui concerne la rémunération des personnels non titulaires, elle baisse de 40 000 euros pour celle des personnels titulaires. Je ne vois donc pas où sont traduits vos engagements du mois dernier, ne serait-ce qu’à propos des 147 agents les moins bien payés.
Que penser d’autre part de la diminution de la subvention au comité des œuvres sociales des agents communaux, qui passe de 203 000 euros en 2007 à 155 000 en 2008 et à 100 000 euros aujourd’hui ?
Tout ceci est d’autant plus gênant que dans le même temps, les indemnités d’élus augmentent de plus de 10% en 2009 (lorsqu’on compare les budgets primitifs de 2008 et 2009).
Voyez-vous, Mme le maire, je n’ai pas l’habitude de commenter ce genre de décisions parce qu’un élu qui s’implique pour sa commune et ses habitants, qui donne son temps et son énergie, qui apporte ses idées, doit légitimement être rétribué pour cela. Et je n’aime pas les attitudes populistes qui vilipendent cette rétribution, arguant que la place est bonne à prendre, alimentant le nauséabond « tous pourris », ou triant les élus au mérite de leur engagement et de leur implication. Mais ce qui me gêne, c’est la différence de traitement dans la revalorisation des secteurs. Alors j’ai bien conscience que ce n’est pas avec cette augmentation que vous auriez pu financer la revalorisation du régime indemnitaire des agents par exemple mais le symbole est choquant.
Ces milliers d’euros de recettes fiscales auraient été utiles au club de football de Romainville et à ses 400 jeunes ; je veux parler du CAR dont vous avez encore une fois décidé de diminuer la subvention de 6000 euros sans explication !
6000 euros exactement dont bénéficie le tout nouveau FC Romainville alors qu’il vient d’être crée, qu’il n’a pas d’équipes, qu’il n’a pas d’activité et qu’il n’a pas un an d’existence !
2 mots sur cette situation ubuesque, Mme le maire : vous organisez ainsi la concurrence entre deux clubs de football dans une ville de 25 000 habitants à cause de seules rivalités de personnes !
Je n’ai personnellement rien contre les responsables du nouveau club de foot (j’en connais quelques uns et je les apprécie plutôt) et je n’ai pas à défendre particulièrement les dirigeants du CAR football (je peux même avoir des différences d’approche avec certains d’entre eux), ma préoccupation est d’abord et avant tout l’épanouissement des jeunes par ce sport et plus encore la transmission des valeurs éthiques à travers la pratique de ce sport. Alors je connais les incompatibilités entre les uns et les autres mais moi, j’aurai privilégié le dialogue et j’aurai tout fait pour que chacun trouve sa place, sa juste place dans un seul club !
Je vous fais une proposition, Mme le maire : augmenter la subvention du club tout en ayant des exigences ou des contrats d’objectifs mais sur une dimension sportive et éducative pas pour régler des comptes politiques.
Je vous en fais une autre pour réorienter votre budget, qui n’entre pas d’ailleurs en contradiction avec vos engagements, qui nécessitera peut-être une modification budgétaire mais qui ne sera pas particulièrement lourde :
Nous pourrions adopter une délibération instituant un abattement de 10% de la valeur locative moyenne des habitations de la commune pour les contribuables handicapés ou invalides, comme l’article 120 de la loi de finances 2006 le permet et ce, à partir de 2008 et comme vont vous le demander un collectif de romainvillois concernés par le sujet.
Ce serait une mesure de solidarité appréciée !
J’ai parlé des dépenses de fonctionnement mais je veux dire 2 mots des dépenses d’investissement.
Vous décidez à nouveau la réfection d’au moins 8 rues pour un montant de 8 052 000 euros. C’est devenu une obsession et sacrément énigmatique !
Franchement, j’aurai privilégié la rénovation du centre de loisirs Aubin qui en a bien besoin, vous le savez, d’autant que l’étude de cette rénovation était programmée en 2008 pour 200 000 euros, ou l’agrandissement du conservatoire de musique à rayonnement départemental ou encore le remplacement des fenêtres de l’école Charcot si l’expertise en confirme la nécessité. Autant de choix éducatifs et culturels qui marquent les priorités d’une politique.
Je vais finir par des questions sur les dépenses de fonctionnement et d’investissement :
1) on observe une augmentation de 16% des dépenses d’électricité et de 20% des dépenses de combustible dans les chaudières : alors que le slogan de l’excellence écologique est dans tous vos discours et que les nouveaux équipements ont été étudiés pour être beaucoup moins énergivores, alors que vous avez même installé des toits en photovoltaïques sur la maison des retraités ou que vous vous êtes engagés à équiper tout le nouvel éclairage public de lampes à basse tension, à quoi sont dues ces augmentations ?
2) je voudrai savoir ce que représente la ligne « voies et réseaux » en dépenses de fonctionnement qui passe de 380 000 euros à 1 062 000 euros ?
3) En ce qui concerne la dépense de 236 000 euros pour le renouvellement du parc automobile, je voudrai savoir encore une fois si vous avez travaillé sur l’acquisition de véhicules propres ?