Conseil Municipal du 11/02, Stephane Weisselberg pour le groupe Citoyens a dit...
Suite à la polémique ouverte par Nicole R nous avons souligné le passage évoquant les rumeurs qui circulent sur Romainville :
Intervention de Stéphane Weisselberg, conseiller Municipal Citoyen sur le dossier Débat d’orientations budgétaires
au conseil municipal du 11 février 2009
Il n’est en effet pas inutile de rappeler le contexte national et international dans lequel s’inscrit le budget 2009 de notre collectivité. Les pertes abyssales générées par les banques et les marchés financiers aux Etats-Unis d’abord, mais nous l’avons vu, en Europe et dans le monde entier aussi, pèsent et vont peser lourdement sur les revenus des salariés et leur évolution, sur le pouvoir d’achat et plus gravement encore sur l’emploi.
Effectivement, les romainvillois sont touchés très directement par cette crise financière, il y a des signes qui ne trompent pas et qui indiquent un développement de la misère et une paupérisation de la population.
A ce sujet et bien qu’il ne s’agisse certainement pas de romainvillois, je voudrai savoir, Mme le maire, si vous avez réagi au développement des baraquements qui s’érigent sous l’autoroute A3 devant nos yeux, qui rappellent les bidonvilles des années 70 et qui trahissent la relégation sociale et humaine de personnes et de familles dans le plus grand dénuement.
Mais revenons au budget 2009.
Vous avez conscience des incidences directes et certainement durables de la crise financière sur le niveau et les conditions de vie des habitants de notre commune mais vous affirmez par contre, haut et fort, que cette crise n’affectera pas les finances communales et n’interfèrera pas sur les orientations politiques de la majorité !
Pour ma part, j’en reste pantois, dubitatif et même très sceptique. Cela me fait penser à ceux qui ont voulu nous faire croire qu’en avril 1986 le nuage de Tchernobyl s’était dissipé aux frontières de l’Alsace.
Et vous continuez de nous affirmer (j’aurai même envie de dire : de nous asséner tant votre technique de communication confère au ridicule) que votre bonne gestion des deniers publics nous a préservé d’une catastrophe.
Mieux : qu’elle va vous permettre d’investir en 2009, comme prévu !
Votre technique de communication, brevetée d’ailleurs chez les communicants, vous conduit à répondre à la rumeur, mal tenace dans notre ville qui est aussi village (comme vous le fîtes dans un édito récent du bulletin municipal sur votre état de santé et comme vous le ferez peut-être demain sur l’état de votre patrimoine, de vos revenus ou je ne sais quel autre sujet qui confine à votre vie privée).
Donc la crise ne passera pas par nous ! Foie de Mme le maire.
Grâce à une extrême vigilance sur les dépenses de fonctionnement (c'est-à-dire je cite : « à une réorganisation effective des services de la ville et par une meilleure rationalisation de l’action publique sur le territoire de la commune »), grâce à une vigilance de tous les instants sur les emprunts contractés (aucun emprunt toxique à l’horizon), grâce à un niveau de recettes de subventions jamais égalé par le passé, non seulement la qualité du service public rendu à la population est toujours au top, mais vous avez pu également répondre à de nouvelles attentes en créant le service de la petite enfance et celui de la police municipale.
Plus encore concernant la section d’investissement, aucun ralentissement ni report n’est à l’ordre du jour : des rues, toujours et encore des rues, la poursuite de la rénovation de Baldit, le nouveau gymnase, la collecte pneumatique, les services techniques municipaux ou le réaménagement de l’espace Brel.
Et tout ceci malgré la chute de la taxe professionnelle depuis 1998 (qui a correspond au départ progressif d’Aventis puis de Nokia), malgré le changement du mode de son calcul et surtout malgré sa disparition programmée par le président de la République M.Sarkozy !
Et tout ceci sans augmenter les impôts locaux !
Moi, vous voyez je ne suis pas un adepte de la magie, je ne crois pas que la ville ait gagné au loto, je crois davantage à la réalité des chiffres.
Non pas ceux qui sont certifiés par la banque Dexia dont nous avons vu quel crédit nous pouvions donner à sa gestion dès le début de la crise financière et dont je rappelle (je l’avais déjà fait l’année dernière) qu’ayant des contrats avec la ville, elle ne peut décemment pas être juge et parti. Je crois à la réalité des chiffres qu’il y a derrière les tableaux que vous présentez.
Je veux parler d’une part des 9 millions d’euros de recettes nouvelles liées aux cessions des biens immobiliers, du montant de la taxe d’habitation lié aux 1500 nouveaux romainvillois dont vous nous avez parlé samedi dernier en réunion publique et qui illustrent autant de choix politiques que je ne partage pas. Je pourrai parler du possible contrat passé avec Monoprix pour l’implantation de son énorme panneau publicitaire sur la voix publique !
Je veux parler d’autre part de la dette réelle de la ville, de notre capacité d’emprunt et de remboursement. Un article récent du parisien indiquait que Romainville était la 3ème ville la plus endettée du département derrière Montreuil à plus de 2000 euros par habitant. Qu’en est-il exactement ?
Et ne nous parlez pas du fameux ratio :
encours de la dette / ( dépenses de fonctionnement - recettes de fonctionnement )
qui n’indique qu’une capacité de remboursement et non les années réelles de remboursement. A titre d’exemple le remboursement de l’emprunt sur l’ANRU était étalé sur 35 ans pour une part et 50 ans pour une autre !
Mais je veux parler aussi de ce qu’il y a derrière le mot « maîtrise des dépenses de fonctionnement » que vous utilisez année après année.
Des 13000 euros économisés sur le CAR football qui mettent en péril l’activité du club, je veux parler de la suppression pendant quelques mois de l’accompagnateur piano des auditions du conservatoire qui a entraîné tout simplement la suppression des auditions (je sais que depuis et après une mobilisation exemplaire des parents, Maxence Alcade a annoncé le rétablissement de ces heures indispensables au projet pédagogique de l’école), je veux parler de la fin visible de votre ambition sur le Projet Réussite Educative qui se traduit forcément en matière budgétaire, je veux parler des économies faites sur les produits d’entretien et celles à venir sur la modification du régime indemnitaire des agents communaux et qui traduisent autant de choix politiques que je ne partage pas !
Et puis je veux parler des chiffres qui indiquent la baisse des bases de la taxe professionnelle ; les dominantes (c'est-à-dire les données sur les 50 entreprises les plus grosses de la ville) sur 2009 sont connues : est-ce qu’on subit toujours le départ d’Aventis ou d’autres départs s’annoncent-ils ?
Enfin, ce que je veux dire c’est que dans le dossier présenté, il n’y a rien (alors je veux bien entendre et comprendre qu’il ne s’agit pas encore du budget proprement dit mais d’orientations budgétaires) mais tout de même : rien n’est dit sur vos choix politiques : qu’avez-vous décidé de soutenir, de promouvoir, d’initier ou de privilégier ?
Et comment cela va-t-il se traduire ?
Pour qu’il y ait débat, il faut qu’il y ait confrontation de point de vue, de priorités !
Et ce ne sont pas les économies sur le papier, la qualité des photocopies, la disparition des pochettes de présentation des dossiers qui peuvent être une explication !