Le Père François les a tous entendu...
Romainville le 13 Février 2009.
PROPOS DU PERE FRANCOIS
Comme me l’a dit une amie, qui se reconnaîtra : je suis « oune moutonne qui bêle derrière Stéphane Weisselberg » (Je ne t’en veux pas, chère E.P. et même je pense que tu n’as pas tout à fait tort)
.
C’est vrai que j’ai pour Stéphane une véritable et profonde amitié, celle d’un vieil homme qui aurait pu passer ses dernières années à cuver ses rancœurs dans son coquet pavillon de banlieue en touchant sa retraite et à qui les hasards de la vie (la naissance d’un fils tardif) ont fait rencontrer inopinément un homme jeune, intelligent, cultivé, idéaliste, ouvert au monde et aux autres, bref « un homme enfin ».
Vous avez compris que je ne partage pas toutes les idées de Stéphane (et que je le fais savoir, ce qu’il supporte avec agacement parfois, mais toujours avec humour et tolérance.)
Je pensais à cela en l’écoutant parler mercredi soir devant le conseil municipal.
Indéniablement, la palme lui revient : ses questions étaient pertinentes, intelligentes et donnaient de la vie à une séance interminable de la chambre d’enregistrement qu’est devenue l’assemblée romainvilloise.
Je place derrière lui le jeune président du groupe socialiste qui parle bien (en lisant des notes mais sans trop le faire voir, s’exprimant clairement mais trop comme le« professionnel de la politique » qu’il aspire à devenir.
Son discours était d’une bonne tenue (son papa le couvait d’un œil attendri) et il est parvenu à conserver les positions exprimées récemment par son parti (sauf pour l’accueil scolaire du 29 Janvier) sans casser trop d’assiettes.
Il eût été préférable qu’il distinguât plus explicitement les positions de son parti de celles de la maire Valls. A trop vouloir être consensuel, on finit par sembler tout admettre.
Assez bon ; peut progresser ; doit conserver ses convictions et ne pas privilégier la forme par rapport au fond.
L’Adjointe chargée des finances s’est améliorée ; elle maîtrise son sujet, ce qui se voit lorsqu’elle répond aux questions, moins quand elle lit son texte.
Elle devait être heureuse de s’exprimer, elle dont le nom n’était même pas cité dans l’interview que la maire Valls a donnée sur les orientations budgétaires dans le Journal de Romainville.
J’ai conservé pour la fin nos célèbres duettistes.
Le concubin s’est exprimé le premier, dans une allocution essentiellement consacrée à chanter les louanges de sa compagne qui buvait ses paroles (et a d’ailleurs reproché à l’opposition de
Ne pas l’avoir écouté avec assez d’attention).
Elle a dû être comblée lorsque, dans sa péroraison, l’homme à la boucle d’oreille a clamé d’une voix vibrante, en la citant, qu’elle voulait faire de Romainville une cité « à la vie équitable et à la prospérité partagée » (je cite de mémoire).
N’est-ce pas émouvant ?
Je sortais déjà mon mouchoir quand j’ai pris conscience du caractère outrancier et pompier des propos. J’ai donc séché mes larmes, ce qui a été d’autant plus facile que j’ai pensé aux indemnités majorées (mais non partagées) que le couple engrange et comptabilise tous les mois.
A la maire revenait le mot de la fin.
Sa lente mélopée (ce n’est vraiment pas Obama), sa voix monocorde ont un effet soporifique certain.
Seuls ses propos condescendants, voire méprisants m’exaspèrent en revanche et parviennent à me réveiller.
J’ai été, quoi qu’il en soit, stupéfait, à l’issue de la prestation de la maire, lecture qu’elle avait faite à peu près comme Chirac lisait son prompteur (vous voyez ce que je veux dire), car tout était écrit, j’ai été, dis-je- stupéfait de voir les élus du mouvement des citoyens ex-communistes, maintenant soi-disant de gauche, se mettre à applaudir ces médiocres et démagogiques propos.
Il est vrai qu’ils sont payés pour faire la claque, mais tout de même, au royaume des aveugles, les borgnes sont toujours rois.
François Le Cornec
PS : le Premier adjoint n’était pas là ; ceux qui, comme moi, étaient venus pour assister à une belle bagarre, en ont été pour leurs frais.
En y réfléchissant, ce n’est pas comme çà que çà peut se passer.
Il faudra voir comment seront résolus les problèmes qu’a soulevés le PS : accueil des enfants lors des grèves des enseignants, temps de parole au Conseil, subvention au club de foot etc.
Si le PS parvient à faire plier la maire Valls, ce ne sera déjà pas mal. Mais ce ne sera pas suffisant. Le but demeure de l’évincer purement et simplement.