La nouvelle cuvée du Pére François

Romainville le 16 janvier 2009
Propos du père François
« Républicains, peuple de gauche, mobilisons nous ! »
« Des ligues contre nature sont mises en place dans notre ville.
Les valeurs de la République, la laïcité, sont aujourd’hui en danger.
Ils se disent communistes, ils se disent citoyens, ils se disent indépendants et n’entendent même pas l’émotion des citoyennes et des citoyens de notre ville, révoltés par la confusion entre la sphère privée de la religion et la sphère publique de la politique qu’ils ont volontairement entretenue (…).
Depuis 1905, les Républicains et le peuple de gauche ont gagné la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le renier aujourd’hui porte un nom, la fin de la République Française, la porte ouverte au communautarisme (…). »
Rassurez-vous, je ne suis pas frappé de folie. Je ne fais que citer un tract que l’équipe du maire diffusait à la veille des municipales 2008 ;
J’en tire deux leçons :
Déroulède n’est pas mort et il ne faut pas hésiter à écrire des textes outrés, bouffons, ubuesques, clochemerlesques et…malhonnêtes ; çà peut toujours marcher.
Le procédé est récurrent : vous créez de toutes pièces un péril imaginaire et vous ajoutez que vous êtes, bien sûr, le seul rempart contre ce danger qui menace. Ca aussi, çà peut marcher.
Heureusement qu’ils ont été élus, sinon vous imaginez dans quel état serait aujourd’hui notre cité…J’en frémis (et j’en rigole) rien que d’y penser.
La ferme Carnot et les Salaisons seraient fermées, l’Auberge du Bois Perdu ne pourrait abriter de réunions publiques, l’équipe de foot locale serait menacée de disparition, l’abolition de l’esclavage serait commémorée en catimini et sans participation officielle et on ne pourrait même plus organiser de match de foot « antidiscrimination ».
Vraiment, nous l’avons échappé belle…
Changeons complètement de sujet.
Je regrette sincèrement le départ en retraite de Michel Rocard, socialiste honnête, tolérant, et surtout (et pour ces raisons) antimitterrandien. J’espère qu’il ne s’éloignera pas totalement de la scène publique. C’est grâce à des gens comme lui qu’on parvient à s’intéresser un peu à la politique.
J’accueille en revanche avec un certain sourire l’arrivée d’Eric Besson au ministère de l’Immigration.
J’ai déjà dit, à propos de Gérald Calzettoni, ce que je pensais des transfuges :
On peut quitter une organisation politique, mais il est déjà choquant d’adhérer immédiatement au parti d’en face et cela devient insupportable lorsque la volte face s’accompagne de l’octroi d’un avantage quelconque, tel qu’un mandat avec les indemnités afférentes.
Là s’arrête la comparaison.
Alors que Besson vient d’accepter LE seul poste ministériel qu’il aurait du repousser avec horreur, Gérald, lui, s’est réfugié auprès du brave Raymond et ils coulent, côte à côte, des jours heureux, sans que l’on sache trop à quoi ils servent, sinon à voter tous les textes que le maire leur présente et à toucher leur pécule à la fin du mois. Comment vivraient-ils, autrement ?
A propos de Gérald, j’ai cru le reconnaître l’autre vendredi quand je distribuais des tracts devant le Palais des Fêtes.
Je tendais un de mes papiers à un homme qui sortait quand il l’a refusé avec horreur, m’a foudroyé du regard, puis s’est éloigné, digne, calme et solennel, tel l’empereur romain de « Astérix et Cléopâtre ».
Sacré Gérald ! Si c’était toi, je te souhaite une bonne année.
François Le CORNEC