La Vie du PCF
Le congrès du Parti communiste français s'ouvre ce jeudi 11 décembre à Paris/La Défense. Après le score calamiteux de Marie-George Buffet à la présidentielle (1,93 %) et des résultats mitigés lors des dernières municipales, -où le PCF a limité son recul -, les militants communistes sont dans le doute. Au plan national la faible participation au vote sur les textes d'orientation a montré une réelle désaffection militante. Pourtant au sein du PCF le débat interne fait rage. Au point que la secrétaire nationale a décidé de couper les têtes dérangeantes les plus connues. Alors comment résumer la situation, a* 3’64vert4re de ce 34 éme congrès du PCF ?:
Autour de Marie-George Buffet, on trouvent les légitimistes, dont beaucoup de dirigeants sortants (comme Olivier Dartigolles, Francis Wurtz, Brigitte Dionnet ou Pierre Laurent). Ils ont imposé une ligne de préservation des acquis, mariant défense du PCF, contestation sociale et alliance avec le PS pour garder ses élus. Le texte, appelé "base commune", réaffirme que le PCF doit se transformer mais qu'il garde en tant que parti son utilité, aux côtés du "peuple", et qu'il ne doit ni changer de nom, ni de contenu idéologique. Se rendant compte que cette orientation ne faisait que proposer de continuer "comme avant", malgré les reculs électoraux, quelques dirigeants (Patrice Cohen-Seat, Nicole Borvo, Jean-Marc Coppola...) ont tenté de se démarquer de cette ligne conservatrice en réclamant notamment un changement de nom et un renouvellement des directions, comme celui de la secrétaire nationale.
Autre groupes, « les orthodoxes » emmenés par Nicolas Marchand et Yves Dimicolli, membres de la direction, ils imputent les échecs du PCF à une ligne "trop floue" et n'affirmant pas assez l'identité du communisme. A leurs yeux, pour que le parti progresse, il faut qu'il prenne des initiatives sous son drapeau et intervienne avec son matériel de propagande dans les quartiers et les entreprises. Ils reprochent à Marie-George Buffet de s'accrocher à son mandat de secrétaire nationale après son échec à la présidentielle et réclament son départ. Ils ont été rejoints par le jeune porte-parole Patrice Bessac mais aussi par le noyau des anciens amis de Robert Hue, autour de Pierre Blotin et Daniel Cierera, qui voient dans cette alliance une possibilité de revenir au coeur de l'appareil.
Le courant des Identitaires est lui partagé entre deux motions, celle du député du Rhône André Gerin qui a entrainé sur son texte "Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps", 24 % des voix des militants et ceux du courant radical La Riposte (15 % des votants sur leur texte "Renforcer le PCF, renouer avec le marxisme"). Il réclame très ouvertement le retrait de Mme Buffet qui a "failli" à relancer le PCF. Ces courants pourraient faire alliance avec les orthodoxes pour imposer leur orientation et leur candidats à une secrétaire nationale affaiblie.
Enfin il y a le cas des transformateurs dont plusieurs élus et personnalités communistes du 93.Cette sensibilité rassemble les communistes unitaires derrière Roger Martelli et Pierre Zarka avec les amis de Jean-Claude Gayssot, telle Dominique Grador. Ils estiment, depuis l'échec de la présidentielle, que le PCF n'a plus d'avenir seul. Ils prônent une ouverture du PCF vers ses anciens alliés de la gauche radicale et l'implication du parti dans une nouvelle force politique.
Ils semblent qu’ils sont aujourd'hui victimes du raidissement des militants et de Mme Buffet qui les a exclus de la future direction. Le Week end dernier, ils ont été aussi écartés de la direction de la fédération de la Seine Saint Denis, dont Hervé Bramy, l’ancien Président du C.G., a été élu au poste de N°1.