La lettre de début juin de F Le Cornec

Romainville le 7 juin 2008
Les propos du père François
Je ne lis pas Le Parisien, qui, de mon temps, était considéré comme le « journal des concierges ».
Il a progressé depuis lors, paraît - t’il, mais je ne le lis toujours pas.
De bonnes âmes le font pour moi et se sont fait un plaisir de m’adresser un article paru le 29 mai et intitulé « toutes les indemnités de vos maires et de leurs adjoints ».
Je me suis régalé et j’invite ceux qui n’en ont pas eu connaissance à se le procurer. Il est riche d’enseignements.
Qu’y découvre-t-on ?
Le champion toutes catégories est le maire (MODEM) de Drancy qui s’est octroyé 6238 euros mensuels.
La plus vertueuse (je n’aime pas les parachutés mais il faut reconnaître les mérites) est la maire Voynet qui, pour administrer Montreuil, qui est la plus grande ville du 93, ne s’est attribué que 1760 euros, pour « donner un signal de solidarité et dégager des moyens pour les jeunes de son équipe ». Bravo !
Il y a d’autres cas de civisme (l’Ile-Saint-Denis…) mais je ne vais pas m’étendre sur le sujet.
Naturellement les gourmands trouvent de bonnes excuses, tel le maire de Montfermeil qui dit n’avoir pas « d’activités professionnelles ni de retraite ».
Mais, mon brave homme, c’est peut-être une bonne raison mais elle n’est pas convaincante et c’est précisément là où « le bât blesse ».
Je suis quant à moi profondément convaincu que, avant de se lancer en politique, tout individu devrait avoir fait ses preuves ailleurs (mais pas au sein de l’administration d’un parti comme le duo campionno-valsiste), d’abord parce qu’on aurait ainsi une idée de ses capacités (c’est le système à l’américaine), ensuite et surtout parce qu’il serait ainsi à l’abri des pressions que pourrait exercer sur lui celui qui l’a appelé à son poste.
Ce n’est pas médire que de faire remarquer que le bon Gérald Calzettoni,VVDP et même le fils Lotti ainsi que la plupart des élus du MCC sont dans ce cas et seraient dans le besoin si on leur retirait leur mandat.
Comment voulez-vous, dès lors, qu’ils conservent leur indépendance en face de ceux à qui ils doivent leur gagne-pain.
On peut bien sûr inverser le raisonnement et dire qu’il n’y a pas grand mérite à diminuer, supprimer ou reverser son indemnité quand on gagne correctement sa vie d’autre part.
C’est trop vite et facilement dit. Je réfute ce raisonnement et j’observe que ce ne sont pas en général les hommes les plus riches qui sont les plus généreux et les plus désintéressés.
J’aimerais, à cet égard, que mon ami Alain H, s’il condescendait à reprendre la plume, nous dise combien d’argent il a ainsi reversé à son parti et combien d’élus refusaient comme lui l’utilisation d’une voiture de service.
En attendant je lui tire mon chapeau…Il y a là un exemple à suivre.
J’en viens, bien sûr, à nos flamboyants concubins qui engrangent chaque mois 5440 euros (3946 et 1494) peu ou pas imposables, à quoi s’ajoutent d’autres sources de revenus issues par exemple de la vice-présidence du Conseil Général.
Je ne leur reproche pas d’être payés ; ils travaillent et toute peine mérite salaire, comme dirait Sarkozy.
Ce que je ne supporte pas, c’est qu’ils aient l’air de s’apitoyer sur le sort des plus démunis tout en vivant confortablement et en accumulant les économies, comme les petits bourgeois qu’ils sont.
Heureusement qu’il y a « l’écrêtage » (une fois et demie l’indemnité parlementaire (elle est de 8141 euros brut et si vous la multipliez par deux …) encore n’est-il pas sûr qu’il concerne les revenus qui ne proviennent pas de mandats électifs…
Il n’y a donc pas de souci à se faire pour le duo.
On peut seulement leur demander de rester discrets, car, comme le dit le Parisien, les indemnités restent « une question sensible ».
Raison de plus pour en parler.
A bientôt.
François Le Cornec