François Le Cornec s'y remet
Romainville le 18 avril 2008
Propos du père François
Bonjour à tous !
Vous ne vous souvenez sans doute pas de moi. Il y a si longtemps que je n’ai pas écrit…
Il est vrai que la période des municipales avait été pour moi une époque paroxystique. La fréquence de mes mails apparentait mes activités scripturales à une logorrhée, au point qu’une camarade m’avait surnommé « le blogueur fou ».
Il est vrai qu’il s’agissait de répondre à des attaques aussi viles que multiples et stupides et que ma règle (que d’aucuns me reprochent) consiste à rendre coup pour coup, si possible avec usure et surtout à ne jamais rester sur la défensive mais à porter les coups là où on ne les attend pas.
J’avais donc décidé de m’accorder une période de repos afin de rentrer en moi-même et de faire un peu le point.
A l’hypertension avait donc succédé, bien naturellement l’hypotension et je me tenais coi.
Ce phénomène était encore accentué par le fait que, sur mes vieux jours, je ne parviens plus à prendre grand-chose au sérieux : je considère le monde comme « une ample comédie à cent actes divers » (La Fontaine) qui ne mérite pas vraiment qu’on s’y intéresse.
Quand on voit ces hommes politiques, de quelque bord qu’ils soient, qui « grouillent, grenouillent et scribouillent » ( de Gaulle) il vous vient des envies de vous retirer sur l’Aventin et de vous désintéresser de tout cela (sauf que demeure l’envie de démystifier ces pantins, de chercher à deviner ce qu’il y a derrière la façade et quels sont les fils qui meuvent les marionnettes : goût du pouvoir, intérêt matériel, lobbying…).
Tout cela pour vous dire que j’étais partagé et que je me demandais si je n’allais pas mettre un terme définitif à ma « littérature »… mais voilà que deux événements me conduisent à reprendre la plume :
Le premier, c’est que, alors que je quittais la séance du conseil municipal, le 4 Avril dernier, et que je descendais les marches du grand escalier de la mairie, (à propos, il vaut mieux revenir rapidement à la salle habituelle car le soufflé est déjà retombé et l’assistance était maigrelette) j’ai croisé un homme très agité, très agressif, qui m’a tenu des propos incohérents, mal articulés, incompréhensibles mais manifestement très hostiles.
« Incontinent, qui fut bien étonné ?
Ce fut François, comme s’il eût tonné » (Clément Marot)
L’Attaque fut brève et me laissa ébaubi…
Renseignements pris, il s’agissait d’un parent de deux femmes qui occupent des places au sein du conseil municipal.
Et que me reprochait ce brave homme ? Tout simplement de le dire tant il est vrai que ce qui pose problème , ce ne sont pas les faits eux-mêmes mais la publicité qu’on leur donne… En d’autres termes, seule la vérité blesse…
Je vous laisse réfléchir là-dessus en vous suggérant qu’il y aurait une autre façon de régler le problème, qui consisterait à mettre un terme à la situation ubuesque que connaît notre conseil municipal qui doit être le seul en France dans ce cas, ce qui traduit soit une inconscience grave, soit une impudence préoccupante.
La consanguinité et la parentèle sont dangereuses ; elles conduisent à la dégénérescence et il serait prudent de faire rapidement cesser cette situation caricaturale (pourquoi ne l’a-t-on pas fait avant les élections ? Peut-être parce que le duo campionno-valsiste n’a pas voulu faire le premier pas, ou alors par un manque criant de candidats valables ? »
En tout cas, rien ne m’empêchera de parler de cette situation, car il s’agit de simples faits, et « les faits sont têtus »…comme les bretons.
Quant à mon agresseur, je l’incite au calme et à la prudence.
J’aurais pu utiliser ici des arguments plus percutants, mais je ne le ferai que s’il devait persister dans ses errements.
La deuxième cause de mon retour sur scène, c’est que j’ai rencontré une autre personne, cette fois dans le cadre chaleureux d’un couscous fraternel, et qu’il a fini par me dire ce qu’il pense depuis longtemps : que je suis inutilement méchant, que je rabâche tout le temps les mêmes histoires, que je fatigue tout le monde, bref que je suis « contre-productif ».
Toi, « M », qui as l’âge d’être mon fils –et que j’aurais aimé avoir pour enfant- , toi en qui je ne trouve que pureté, sincérité, honnêteté, franchise et idéalisme, toi qui es une des rares personnes qui m’aident à vieillir sans devenir trop con ni trop « réac », tu comprends bien que tes critiques m’interpellent (elles ne me blessent pas car je crois que tu as pour moi presque autant d’amitié que j’en ai pour toi).
Il y a sûrement du vrai dans ce que tu dis. J’y repenserai et nous en reparlerons.
En attendant, laisse-moi me faire encore un peu plaisir et tenter de t’expliquer les raisons qui me poussent à agir comme je le fais :
Tout d’abord, je ne t’apprendrai rien en te disant que je donne dans le genre polémique (jamais dans la diffamation) et je suis évidemment conscient que mon but n’a rien de constructif (je laisse ce rôle à 93230 dont j’attends avec impatience le N° 3) et ce genre, dur, parfois cruel –je suis un entomologiste qui regarde des insectes s’agiter des insectes sans avoir pour eux le moindre sentiment- ce genre, dis-je, n’est , je le sais, pas le tien.
Il n’est pas gratuit car il vise à déstabiliser l’équipe municipale en place, qui nous a dupés, qui a malmené certains d’entre nous (bonjour Guillemette !) et qui aimerait bien qu’on oublie la manière calamiteuse dont elle est arrivée au pouvoir et dont elle s’y maintient.
Ensuite, de même qu’il existe un comique de répétition, tu sais bien qu’il existe une satire du même acabit, qui a pour but « d’enfoncer le clou » et de parvenir à convaincre les électeurs, mais surtout la majorité municipale elle-même que la comédie qu’on nous donne ne trompe personne, bref, que (Laurent Joffrin vient de ressortir la formule à propos de Sarkozy) « le roi est nu ».
Si j’en juge par la vivacité des réactions de nos adversaires politiques (à qui on ne cesse pourtant de répéter qu’il faut laisser mes écrits sans réponse) je n’y réussis pas trop mal.
Quoi qu’il en soit, mon cher « M », je te promets de tempérer mes ardeurs et d’y réfléchir à deux fois avant de lancer mes « scuds » dévastateurs.
Quant à vous, mes autres lecteurs, à qui je précise une fois de plus que je m’exprime ici à titre personnel et surtout pas en tant que représentant du Comité Citoyen, n’hésitez pas à utiliser le « Cactus Rouge » (si Pierquet le veut bien) pour me répondre, soit sur le mode négatif (« tonneaux de fiel », aigreurs », « rancœurs partisanes » etc..), soit sur le positif (un nouveau Morvan Lebesque, un écrivain à la plume inspirée, alerte et incisive) Nous en rirons ensemble…
François Le Cornec
=======================================================================================Pas de problémes François Le Cornec, le Cactus Rouge est fait pour cela, alors à vos plumes...